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samedi 21 juin 2014

Qu'est-ce que la beauté ? La réponse ultime.

Attention : Cet article contient un grand nombre de généralités. Pour ne pas avoir à le rappeler à toutes les lignes pour ne pas heurter la sensibilité des gens susceptibles, je tenais à le dire.

Bon, on va y aller franchement. La beauté extérieure est essentielle dans notre société.
Si vous êtes moche, c'est pas de bol, la vie est injuste, mais ça vous mettra des bâtons dans les roues une bonne partie de votre vie.

Oui, mais voilà, qu'est-ce que la beauté ? Qu'est-ce que la mocheté ?

Bah je vais vous répondre précisément.

Et si on prend la phrase à l'envers :
la beauté intérieure n'est rien sans la beauté extérieure.
C'est pas moi qui le dit, c'est Victor Hugo.

Donc déjà, n'espérez pas trouver du réconfort dans cet article. Je serai impitoyable.

Vous devez déjà avoir une bonne idée de votre sex-appeal, même si votre jugement est brouillé par je ne sais quel complexe provenant de vos difficultés amoureuses passées d'adolescent, votre auto-détestation due à je ne sais quelle névrose personnelle.

Ou vous avez peut-être au contraire l'impression d'être beau parce que vous avez du succès avec les filles, alors qu'en fait c'est juste que vous avez une grande gueule et que vous êtes riche du coup vous êtes très entouré mais tout le monde vous hait. Ou la version plus extrême : vous êtes DSK et vous croyez par déni que vous êtes un séducteur alors qu'en fait vous êtes un gros porc accro aux putes.

Chacun a des moments d'objectivité dans la vie où il se dit  :
« Ouais bon c'est vrai que je suis pas si mal quand même. »
Ou bien :
« Nom de Dieu mais en fait je ressemble à Jean-François Dérec, vous auriez pu me prévenir les gars. ».
Fiez-y-vous.

Après, il y a différents degrés de beauté. On vous a déjà dit que vous étiez beau, mais comment ça "beau" ? Beau comment ? C'est là que ça devient compliqué de doser son jugement. On a déjà quelques mots pour exprimer ces nuances de beauté que je m'en vais exposer et définir clairement derechef :

Pour une fille :
  • Quelconque = Ni moche, ni belle. Dans la moyenne.
  • Pas mal = Il y a quelque chose d'attirant, sans non plus être foufou.
  • Charmante = Un peu au-dessus de "pas mal". On commence à percevoir de la beauté.
  • Jolie = On est entré dans la beauté. Cependant on ne peut pas encore dire "belle".
  • Mignonne = Jolie mais avec une dimension "femme enfant".
  • Bonne = Jolie mais plus dans un sens sexuel. Donc la fille est bien roulée.
  • Sexy = Personnellement je n'utilise pas ce terme. Mais ça doit vouloir dire la même chose que "bonne".
  • Belle = On y est.
  • Magnifique = Plus que "belle". On est dans la perfection.
Pour un garçon :
  • Quelconque = Ni moche, ni beau. Dans la moyenne.
  • Pas mal = Il y a quelque chose d'attirant, sans non plus être foufou.
  • Charmant = Pas mal, mais avec une dimension charismatique en plus.
  • Beau gosse (ou "bogoss" quand on est analphabète) = On est entré dans la beauté. Cependant on ne peut pas encore dire simplement "beau".
  • Mignon = Beau gosse mais avec une dimension charismatique ou "enfantine".
  • Chou = Pareil que "mignon".
  • Sexy = Dimension sexuelle en plus.
  • Beau = Beau.
  • Magnifique = Plus que "beau". Presque trop.
Dès lors on constate une première chose : c'est un peu flou tout ça.
Je vous donnerai plus tard un système plus précis pour déterminer le taux de beauté d'une personne.

Et on constate une deuxième chose : EH MAIS C'EST PAS PAREIL CHEZ LES FILLES QUE CHEZ LES GARÇONS.

Eh oui, si vous êtes une personne intelligente et indépendante d'esprit, vous connaissez cette vérité universelle qui est que LES HOMMES ET LES FEMMES SONT DIFFÉRENTS. Ils n'ont pas la même conception de la vie, pas la même sexualité, pas le même fonctionnement mental. Heureusement, ce ne sont pas des différences absolument radicales. Du coup, il y a quelques similitudes dans les conceptions masculines et féminines de la beauté. Voyons ça.

Similitudes entre l'homme et la femme

Vous savez ce que c'est un menton fuyant ?
C'est celui de gauche :

Et chez les hommes, comme chez les femmes, c'est moche. Mais pourquoi ?

Est-ce Dieu qui s'est dit : « putain les gars j'ai une idée de dingue, je vais créer un type de menton qui sera unanimement reconnu comme moche chez les deux sexes » ?

N'étant pas croyant, j'ai cherché une explication scientifique à cette question. Et j'ai trouvé une piste.

Regardez ça :


(Cliquez dessus pour agrandir.)

Il s'agit du visage moyen des gens par pays, obtenus en superposant les visages d'un échantillon représentatif. Je sais pas comment ils se sont démerdés pour faire ça, mais admettons.
Une chose frappe : l'homme et la femme moyens... sont beaux !

J'ai également remarqué, en me baladant dans la rue l'autre jour et en observant les gens de manière pathologique, que les mentons fuyants étaient assez rares. Donc si on faisait une moyenne des mentons de l'homme ou la femme à travers les pays, ce menton type ne serait pas fuyant.

Le menton fuyant est rare, DONC il est perçu comme moche.

Conclusion : plus notre visage est proche du visage moyen, plus notre visage sera perçu comme beau. Ce qui est logique : si vous êtes exactement dans la moyenne, que chacun de vos traits de visages est parfaitement équilibré, vous augmentez vos chances de plaire à tout le monde.

Si vous avez un menton moyen, vous plairez aux gens qui aiment les mentons moyens, et vous ne dégoûterez pas ceux qui aiment les mentons en galoche et les mentons fuyants. En revanche, si vous avez le menton fuyant, ça va être compliqué de plaire aux gens qui aiment les mentons prononcés. Vous voyez le délire ?

Il en va de même pour certains attributs, comme le fait d'être roux. C'est assez rare, du coup, c'est pas beau. Ou les cheveux courts chez une femme. En général c'est moche. On comprend mieux aussi l'impact de la mode sur la beauté. À force de voir les mêmes fringues sur tout le monde, on finit par les trouver belles.

Deux mecs à la mode.

Le problème, c'est que certains attributs qui ne font pas partie de la moyenne peuvent être beaux, comme la grande taille (j'y reviendrai plus tard) et les yeux clairs. Pourquoi trouve-t-on les yeux clairs plus beaux ?

Bah je sais pas. Du coup ma théorie est pourrie, oubliez tout.

Après cet échec pitoyable, passons-en aux différences entre la beauté masculine et la beauté féminine.

Différences entre l'homme et la femme

Bon. Vous avez déjà entendu dire que des femmes étaient attirées par des mecs qui ont des cicatrices sur la gueule, des tatouages, le nez pété ou des trucs du genres.

Par contre, il sera assez difficile de trouver des mecs particulièrement attirées par des meufs balafrées ou avec le nez de Depardieu. Quant aux tatouages, personnellement je trouve que ça fait punkette qui fait la manche ou beaufette qui passe dans Tellement vrai. Pas vraiment le comble de la distinction féminine.

Mais la femme, elle, peut aimer ce qu'elle appelle le "caractère", ou le "charisme" : ce qui montre que le mec a des blessures secrètes, qu'il en a vu des dures, que ses expériences passées l'ont solidifié.

Johnny Depp, le prototype du ténébreux qui a des fêlures secrètes et tout le bordel.

En règle générale, le type a une cicatrice parce qu'il est tombé à vélo à quatre ans quand il a essayé d'en faire sans les roulettes, mais ça fait plaisir à la fille de croire qu'il s'est fait ça pendant une bagarre à base de kung-fu pour protéger sa soeur de mercenaires armés qui tentaient de la violer.

Malgré tous leurs efforts pour dire le contraire, les femmes aiment quand même la virilité. "Mais pas trop", disent-elles parfois. Il faut que le gars soit viril, mais quand même distingué. Visage harmonieux (donc le visage "moyen" comme expliqué dans le chapitre précédent), mais avec un petit détail qui casse la perfection.

Corps sculpté par l'effort, mais qui pue pas, et avec pas trop de poil. "Juste ce qu'il faut" comme certaines disent sur Adopteunmec. Genre tu épiles mais tu en laisses un peu, sinon ça fait pédé.
Une virilité aseptisée en somme. Ce qui a à voir avec les goûts contradictoires de la femme au sujet du caractère de son idéal : galant, mais macho. Sensible, mais en même temps sûr de lui, dragueur, culotté, et tout ce qu'un mec sensible ne peut en principe pas être. Supporter ses sautes d'humeur en toute circonstance et la protéger quand un groupe de cailleras lui fait des propositions indécentes... Tout ça.

Ce genre-là il paraît que les femmes aiment bien.

Si je devais faire une analyse psychologique de bazar, je dirais que ça s'explique par le fait que l'homme archaïque est celui qui protège la femme, qui protège le foyer, qui va au charbon pour ramener la thune, etc. Du coup, un mec qui a un visage parfait avec rien qui dépasse, paraîtra un peu fadasse, ou efféminé. Alors que le mec beau, mais qui en plus a pris des coups dans la gueule sera séduisant parce que ça veut dire qu'il aura l'expérience pour remplir sa tâche d'homme dans un contexte couplal*.

* Ce mot n'existe pas.

Raisons pour laquelle l'homme n'est pas sensible au "caractère" dans la beauté féminine. Si on continue dans le freudisme du dimanche, on dira qu'étant donné que l'homme remplit le rôle du protecteur, il ne va pas rechercher ça chez une femme. Il veut plutôt une partenaire sexuelle idéale et éventuellement une mère pour ses enfants. Du coup, il recherche la pureté (une partenaire sexuelle abîmée, sale, parce qu'elle a déjà été "consommée" au-delà du raisonnable, c'est pas très attirant), et les signes de santé dans le physique (on préfère tous ne pas avoir d'épave cancéreuse en guise de mère pour nos mioches). Donc pas de marque physique, un visage naturel et harmonieux, de la fraîcheur, tout ça définit ce qu'aiment généralement les hommes chez une femme.

Emma Stone se démerde pas mal pour une rouquemoute.

Mais si ça se trouve je dis des grosses conneries, parce que quand il m'arrive de regarder les émissions populaires comme les Ch'tis au Kosovo ou les Anges de mon cul, les meufs qui ont été choisies pour être les cautions sexy du programme me semblent tout sauf fraîches. J'ai le souvenir d'une nana dans les Princes de l'amour qui avait des énorme lèvres roses claires, une peau orange foncé, un piercing bien dégueulasse au-dessus de la bouche et des cheveux jaunes pisse, une espèce d'épouvantail sorti d'un salon de beauté bon marché. Le look "bagnole volée" comme disent les ieuv. Et l'un des "princes" qui faisait partie des "séducteurs" trouvait jolie cette faute de goût ambulante. Va comprendre.

La personne en question.

Je pense qu'il s'agit là d'une nuance culturelle. Car on a tous entendu dire qu'au XVIIIème siècle, les belles femmes étaient assez grosses, avaient une petite poitrine et étaient blanches comme des chiottes. Tandis qu'une femme bronzée et maigre était perçue comme une paysanne qui passe son temps sous le cagnard à élever des navets.

Variation simple de ce qu'est la santé à travers les âges : auparavant, quand on était grosse, ça voulait dire qu'on avait pas de problème financier pour s'alimenter, donc riche, donc en bonne santé. Il n'était en outre pas à la mode de faire du sport pour s'entretenir à l'époque. Mangerbouger.fr, c'est trois siècles plus tard. Pareil pour la blancheur de la peau : les femmes de bonne condition, qui étaient donc a priori en bonne santé, n'avaient pas besoin de s'exposer au soleil, et ne connaissaient pas encore les vertus de la vitamine D.

La "belle" selon le XVIIIème siècle occidental et son cul dégueulasse.

La meuf des Princes de l'amour n'est donc qu'une espèce de caricature de la "belle femme" selon notre époque, tellement outrancière qu'elle en devient moche (ce qu'on appelle la vulgarité). Comme la subtilité ne doit pas être la principale de ses qualités, elle a dû forcer sur les UVs, pensant que la quantité primait sur la qualité. Pareil pour la maxi-bouche, dont elle pensait, en payant l'injection de botox, qu'elle lui apporterait un supplément de sensualité. Que nenni ! Tout est question d'équilibre et de dosage. Je vous renvoie une fois de plus au chapitre précédent.

Vous voyez ? Elle, par exemple,
on voit qu'elle n'a pas trop le sens de la mesure.

Bon, évidemment, l'aspect santé est important aussi dans la beauté masculine. J'ai pas dit que les femmes aimaient les mecs malades évidemment, un mec tout blanc et rachitique ne sera pas attirant non plus. La femme veut un gars en bonne santé, parce que, la femme recherchant le meilleur père pour ses enfants - selon Freud - elle veut un géniteur de bonne qualité.

Les fameuses cicatrices doivent être quand même refermées, tu vois ? Encore un critère un peu contradictoire : l'homme doit s'en être pris plein la gueule, mais être guéri depuis.

D'après la théorie de l'évolution de Charles Darwin, le but d'un être humain est de se reproduire et que ses descendants soient en bonne santé. Et d'après le bouquin Le Gène égoïste de Richard Dawkins, comme la femme a une durée de gestation de neuf mois, alors que l'homme peut procréer tous les jours, la femme est beaucoup plus regardante sur l'aptitude à survivre de son partenaire et a donc un nombre de partenaires plus restreints. D'où en partie le fait que l'homme soit réputé comme plus volage.

Jetons un oeil au corps parfait selon l'homme et la femme :


Comme prévu, les deux corps sont symétriques, propres, en bonne santé, musclés. L'unique variation concerne l'épaisseur des muscles et des organes rigolos tels que les seins et les fesses. Les femmes préfèrent la finesse dans le corps alors que les hommes, gros bourrins qu'ils sont, préfèrent être bien baraques et aiment bien quand y a un peu de "viande" sur leurs partenaires.

Personnellement je suis d'accord. Je n'aime pas les femmes maigres, un peu pour les critères que j'ai exposés plus haut : ça respire pas le bien-être et la bonne santé. Je n'ai jamais été attiré par les mannequins par exemple, qui ont des corps qui reflètent une sorte de négation de la féminité. Paradoxalement, c'est le corps qui correspond à la femme idéale selon... la femme.
Ou alors selon le créateur de mode masculin, qui est en général gay, mais là c'est logique de constater qu'il fait défiler des corps qui ne sont pas attirants... Il doit juste voir le côté pratique : ce sont des "mannequins", donc comme les mannequins immobiles dans les magasins, toutes les fringues doivent pouvoir leur aller. Après, le problème, c'est que du coup, les femmes pensent que les corps des mannequins vont plaire aux hommes hétérosexuels. Erreur.

Une partie de mikado humains.

Par exemple, on conviendra à peu près tous qu'une fille trop grande (genre au-delà d'1 mètre 75, voire moins), c'est non seulement esthétiquement pas très beau (en général elles seront perçues comme mal foutues, voûtées, disproportionnées => ... parce que c'est rare, rappelez-vous du chapitre précédent), mais en plus une fille de la même taille que nous, plus grande, ou trop légèrement plus petite (n'oublions pas qu'une femme peut porter des talons), n'est pas attirante, parce qu'on ne se sent pas assez physiquement dominant pour assurer ce fameux rôle de protecteur qui a une certaine importance dans le rapport homme-femme.

... d'où le goût des femmes pour les grands ! J'ai posé la question à plusieurs filles : "pourquoi les femmes aiment les mecs plus grands ?", la réponse spontanée comporte systématiquement un dérivé du mot "protection". CQFD.

J'estime la taille idéale pour un homme entre 1 mètre 80 et 1 mètre 90, car elle lui assure d'être plus grand que la moyenne masculine (environ 1 mètre 75 en France) - du coup il en impose -, et de n'être pas trop disproportionné (le problème quand on est trop grand, c'est qu'on se baisse pour parler aux autres, du coup on est voûté).

Quant aux femmes, entre 1 mètre 65 et 1 mètre 70.

Et les connards comme moi qui font 1 mètre 78 et moins, je suppose qu'on est censés aller se faire foutre.

« Salut, on a vraiment l'air con. »

Pour finir, ultime critère important qui diffère selon les hommes et les femmes : l'âge.
Pourquoi les hommes ont tendance à sortir avec des filles plus jeunes ?

Il suffit de reprendre les éléments cités pour les autres critères :
  • Une femme va être attiré par un homme plus âgé parce qu'il apparaît plus expérimenté (... d'où les "marques du temps" comme les rides ou les cheveux gris qui peuvent être "sexy" chez l'homme), mieux installé dans la vie, donc il va pouvoir la mettre à l'abri du besoin.
  • Un homme va être attiré par une femme plus jeune parce qu'elle est apparaît plus pure et en meilleure santé quand elle est moins marquée par la vie.
Les psychiatres ayant travaillé sur la psycho-affectivité ont remarqué que la femme est en moyenne dix ans plus mature que l'homme. L'une des explications probables étant que la femme ne pouvant plus procréer vers cinquante ans à cause de la ménopause, et l'homme pouvant procréer jusqu'à la fin de sa vie (bon après faut voir la gueule du bébé), elle se doit d'être mature plus tôt.

Le fait que les hommes sortent avec des femmes plus jeunes s'est donc fait par l'influence de la physiologie avant de s'intégrer dans la conception culturelle de la beauté.

J'ai d'ailleurs noté la tendance concernant la beauté à travers les âges. J'ai mis une note sur 10 par tranche de cinq ans.
Évidemment, tous les hommes de 25-30 ans et toutes les femmes de 20 ans ne sont pas des 10/10... Oooh que non... Tout dépend du potentiel de chacun. Disons que l'âge auquel le graphique donne 10/10 est celui où la personne est au maximum de sa beauté possible...

J'ai attribué 0/10 aux tranches d'âges comprises entre 0 et 15 ans, parce qu'un gamin ou une gamine peuvent être éventuellement mignons comme un chiot ou un Pokémon, mais c'est un type de beauté non-sexuée qui ne correspond pas à notre sujet. Ou alors vous êtes pédophile et je vous renvoie au service psychiatrique ou commissariat les plus proches.

De plus, il faut garder en tête que c'est moi, homme hétérosexuel français de la première partie de la vingtaine et aux goûts relativement normaux (je suis pas très "MILF", par exemple), qui a attribué les notes, du coup la statistique est beaucoup plus pertinente concernant les femmes.

Mais je vous propose de donner votre propre avis à l'aide de ces sondages (vous avez droit à deux réponses) :





La beauté relative

Abordons maintenant la dernière dimension de la beauté : la dimension relative.

Une fille qui sera perçue comme belle par un moche ne le sera pas forcément pour un type plus beau. Et ce type plus beau sera beau selon cette fille, mais pas pour une autre fille encore plus belle, et donc encore plus exigeante, etc. Vous me suivez ? N'hésitez pas à relire la phrase, c'est important.

Si vous avez la flemme ou que vous êtes très con, j'ai fait un schéma :
C'est une question essentielle parce qu'après tout, la beauté, on en aurait rien à foutre s'il ne s'agissait pas d'un critère de séduction déterminant.

La question concrète à se poser étant : "est-ce que je suis assez beau/belle pour ce(tte) garçon/fille ?"

Pour ça, j'ai un prototype de système permettant de répondre à cette question de manière sommaire.

Tout d'abord, vous devez remplir de manière objective le barème suivant. Mettez une note sur 10 par critère. Le chiffre rouge est le coefficient.

Et si vous ne vous rappelez pas comment on fait une moyenne avec des coefficients, voilà un site qui va vous remémorer vos cours de collège : http://calculis.net/moyenne-ponderee

Barème pour un homme :
  • Âge 5
  • Cheveux 2
  • Yeux 2
  • Nez 2
  • Bouche/Dents 2
  • Menton 0,25
  • Oreilles 0,25
  • Harmonie générale du visage 4
  • Taille 2
  • Corpulence 5
  • Musculature 3
  • Harmonie générale du corps 2
  • Caractère 6
  • Total des coefficients = 35,5
Barème pour une femme :
  • Âge 5
  • Cheveux 2
  • Yeux 2
  • Nez 2
  • Bouche/Dents 2
  • Menton 0,25
  • Oreilles 0,25
  • Harmonie générale du visage 5
  • Poitrine 2
  • Fesses 2
  • Jambes 1
  • Corpulence 5
  • Harmonie générale du corps 2
  • Total des coefficients = 30,5
Voici l'échelle des valeurs :



Pour vous aider à vous noter, quelques exemples pour chaque critère :

Corpulence :



Musculature :



Nez :


Bouche/Dents :



Yeux :


Cheveux :



Caractère :


Âge :
Vous pouvez vous aider des notes de mon graphique sur la beauté par tranches d'âge.

(Astuce : N'hésitez pas à vous retirer des points si vous êtes roux.)

Faites la moyenne de tous les critères avec les coefficients. Vous obtenez une note sur 10.

Ensuite, c'est simple. Toutes les personnes qui ont un point et demi au-dessus de vous ou moins peuvent vous trouver à leur goût. Au-delà, c'est peu probable.

Par exemple, si vous avez 6/10, vous aurez a priori moyen avec toutes les personnes entre 0 et 7,5/10. Et à l'inverse, vous pourrez accorder un regard aux personnes entre 4,5/10 et 10/10. Donc si vous voulez être dans un couple où tout le monde est content, il va falloir trouver quelqu'un entre 4,5 et 7,5/10.

Pour voir si ça marche, j'ai pris quatre exemples :


Bon je viens de remarquer que le choix des exemples a étrangement une couleur politique. J'ai voulu prendre deux hommes et deux femmes et illustrer la beauté, la quelconquitude et la mocheté, ce sont ceux qui me sont venus à l'esprit. Donc venez pas me faire chier ou je distribue les fêlures secrètes sur vos gueules.

Brigitte Bardot et Alain Delon sont donc "compatibles", l'écart entre leurs notes étant inférieur à 1,5. Nicolas Bedos les trouvera tous deux beaux, ce qui n'est malheureusement pas réciproque. Quant à la pauvre Marisol Touraine, malgré le fait qu'elle les trouve tous beaux, elle devra aller voir ailleurs pour espérer que son physique ingrat soit toléré.

Le petit souci c'est que ce système ne pourra pas échapper aux exceptions. Par exemple, si la fille n'aime pas les bruns et que vous êtes bruns, ou que son idéal masculin est Pierre Ménès tandis que votre IMC s'élève à 18, ça ne tient plus. Et puis certains sont plus tolérants que d'autres. J'ai connu des 7/10 attirés par des 5/10.

Ou au contraire des 5/10 qui ne toléraient pas en-dessous de 7/10... Pour info, on appelle ça "ne pas avoir les moyens de ses ambitions"...

Mais encore une fois, je ne peux pas traiter toutes les variantes gustatives des individus. Certains vont aimer les seins énormes, les asiatiques, les filles chauves, les mecs qui ressemblent à Michael Lonsdale, etc. Tout va dépendre du vécu personnel. Il paraît par exemple que la femme va être naturellement attirées par les types qui ressemble à son père, et le mec, une femme qui ressemble à sa mère. Imaginez une fille jolie qui avait un père super moche ?

Va savoir.

Mais encore une fois, tout ce que j'explique depuis le début concerne les tendances générales. Je ne fais pas de la psychologie individuelle, mais plutôt de la sociologie.
(De la sociologie faite n'importe comment, mais de la sociologie quand même.)

L'autre problème, c'est que chacun va avoir tendance à se surnoter ou à se sous-noter suivant leur profil névrotique, malgré tout le temps que j'ai passé à expliquer ce qu'était la beauté. Soyez lucides sur vous-mêmes ! Ne vous voilez pas la face !

Si vous êtes moches, sachez qu'il y a beaucoup de moyen de compenser votre physique ingrat. Par exemple, si vous êtes un homme riche ou que vous avez du pouvoir, pas besoin de s'attarder sur ce sujet, vous pourrez séduire un grand nombre de filles sur cette planète. Par contre les filles, je suis navré, c'est pas moi qui définit les règles, mais ça marche pas tout à fait de la même manière, si vous êtes laides, c'est vraiment la cata... :/

Il y a également l'intelligence qui peut aider un peu, mais bon, vite fait.

Une future veuve riche.

Et pour les pauvres moches et cons, la seule solution que j'ai pour vous consiste à vous enfoncer la tête dans un oreiller et hurler très fort. Ou alors le suicide, il paraît que c'est pas mal aussi, mais les témoignages sont rares.

:D

Vanne absurde => LOL => Fin de l'article

dimanche 1 septembre 2013

Critique de Random Access Memories de Daft Punk


Ceux qui s’attendaient à du One More Time ou du Around the World ont été un peu perplexe. Moi-même, après l’avoir téléchargé quelques jours avant sa sortie, j’ai cru que c’était un fake en écoutant les premières secondes de Give Life Back to Music, et qu’on m’avait mis un quelconque album de rock à la place.

Mais comme je l’expliquais dans ma critique du deuxième opus de Justice, de nos jours, il ne faut plus s’attarder sur la forme de la musique des artistes d’électro : la technologie fait qu’aujourd’hui, on peut avoir virtuellement presque tous les instruments qu’on veut et une ample variété de matériels sonores, ce qui fait que n’importe qui peut faire presque n’importe quel type de musique. Alors forcément, dans ces conditions, le son de certains artistes évolue énormément en très peu de temps.

Pour ne rien arranger, les deux Daft Punk, qui avaient l’impression de tourner en rond dans leur processus de création musicale, ont voulu radicalement changer de méthode, en employant de vrais musiciens, et non des moindres (Rodgers, Gonzales, Moroder, Casablancas, Williams, Williams, Edwards, Panda Bear…). Résultat, un son plus acoustique, laissant un peu perplexe ceux pour qui la musique électronique est constituée systématiquement d’un kick avec des synthétiseurs créés sur un logiciel de M.A.O.

Le funk et le disco étaient pourtant déjà là sur les albums précédents. Discovery est fait à 70 % de samples de groupes de l’époque, et Herbie Hancock a eu droit à un hommage avec Short Circuit. Les références sont exactement les mêmes, mais elles n’apparaissent pas sous la même forme.
  1. Give Life Back to Music : Que doit-on comprendre des paroles un peu vantardes de cette chanson ? « Nous, Daft Punk, allons redonner de la vie dans la musique. » Et mon cul sur la commode ? C’est pas parce que la musique est faite sur ordinateur qu’il n’y a plus de vie dedans ! Et d’ailleurs, on n’a pas attendu Daft Punk pour avoir de l’électro avec des vrais instruments, mais passons. Au-delà de ça, ce morceau tout de guitare funk vêtu, avec quelques étonnants breaks hard rock, est un bel accueil chaleureux, un peu répétitif, mais comme nous l’ont prouvé la plupart des singles précédents de Daft Punk, répéter la même chose pendant cinquante mesures, ce n’est pas un souci quand c’est fait pour ça. 14/20
  2. The Game of Love : Eh, c’est quoi ça ? On commence en Ferrari, sur les chapeaux de roue, et dès la deuxième piste on se retrouve sur un tracteur à galérer dans un chemin de terre. Comme l’ont remarqué un paquet de gens, The Game of Love ressemble à une musique funky de film de cul des années 70 qui se passe dans le futur, avec un acteur portant un costume de robot en carton. Pénétrator ? Première rencontre avec l’un des problèmes de Daft Punk : la tendance à la ringardise. Moi je ne suis pas du tout snob. Selon moi, le bon goût est subjectif, et la hype, une communauté de connards riches faibles d’esprit qui ne savent pas quoi foutre de leur fric (c’est chic, freakah !). Le morceau est somme toute audible, mais trop banal, et on attend un peu mieux d’un groupe qui se présente comme l’un des meilleurs du monde. 9/20
  3. Giorgio by Moroder : Hommage au compositeur de musiques de films (tels que Scarface), de funk et de disco, Giorgio Moroder. Ce dernier parle en personne de ses débuts et son ambition musicale, sur une instru funk et un arpège de basse rappelant ses propres compositions. Puis une étonnante batterie fait basculer le morceau dans le rock progressif, et se termine en apothéose oldfieldesque après un sympathique solo de basse. C’est plutôt cool et ambitieux. 16/20
  4. Within : De retour, pour vous jouer un mauvais tour, le versant « cheesy » de Daft Punk. Très similaire à The Game of Love, Within bénéficie quand même du timide secours du piano de Chilly Gonzales. Quand j’ai écouté cette piste, je me suis quand même écrié : « mais arrêtez ça enfin ! Vous voyez pas que vous lui faites du mal ?! » À qui ? Je ne sais toujours pas. 9/20
  5. Instant Crush : On va éviter de parler de cette voix autotunée à la con qui donne l’impression que Julian Casablancas est dans son bain en train de faire des bruits avec sa bouche… Ce petit côté soft rock type the Police est drôlement agréable. Personnellement, j’aime beaucoup le petit synthé Atari qui s’invite à la fin de la chanson. 12/20
  6. Lose Yourself to Dance : Ça commence pas mal. La reverb sur la batterie donne un côté électro-funk début 80’s, la slap bass est délicieuse, et la petite rythmique de Neil Rodgers fout la pêche. Pharrell Williams chante avec sa voix presque jacksonienne, tout va bien. Et v’là t’y pas… Que des vocoders. Complètement ridicules. Se mettent à chanter des trucs débiles. À la limite « comone », c’est nul mais ça passe. « evewrybodi onedeuflore », je veux bien aussi. Mais qu’est-ce que c’est que cette voix dans les aigües qui fait : « evewrybodisinbidibilaonedeflore » ? Ça gâche tout ! En plus le calvaire recommence à 3:30, et du coup le morceau paraît hyper long. Le dérapage de l’album, selon moi. 8/20
  7. Touch : Alors ça c’est un morceau intéressant. D’abord faut savoir que les Daft Punk sont des fans de Phantom of the Paradise – film fantastique de Brian de Palma (réalisateur de Scarface) sur l’industrie du disque, relecture rock 70’s du Fantôme de l’Opéra – et qu’ils se sont inspirés du costume du héros du film pour leurs tenues de robots. Paul Williams, celui qui chante sur Touch jouait le méchant dans ce film, et en a composé la musique. Voyez ce film, et vous saurez d’où vient l’idée de ces chuchotements électriques venus d’ailleurs au début du morceau. Et vous pourrez comparer la nette ressemblance entre ce dernier et la musique du générique de fin de Phantom of the Paradise. Williams étant également le compositeur de tubes telles que la chanson du Muppet Show, et celle de la Croisière s’amuse, il a su créer une jolie ritournelle pour Touch, malheureusement mal servie par des transitions un peu brutales et hasardeuses qui cassent la continuité de la chanson. Dommage. 14/20
  8. Get Lucky : Bon, vous savez tous ce que c’est, pas besoin d’en parler. Moi je trouve ça un peu répétitif, mais sympa. 14/20
  9. Beyond : Est-ce que l’intro est une référence à Buzz l’éclair ? Là par exemple, c’est ringard, mais pas déplaisant. Malgré l’inévitable vocoder qui commence à nous gonfler, cette chanson est une sorte de Game of Love qui a réussi. Plus énergique et plus « original », avec notamment cette steel guitar qui se fait si rare dans la musique actuelle. 11/20
  10. Motherboard : On est enfin dispensés de vocoders, les synthétiseurs rappellent Chris Clark, les clarinettes s’invitent sans crier gare, la guitare acoustique est caressée d’arpèges. Les sons aqueux et bestiaux évoquent la campagne. Motherboard est automnal – logique, après l’estival Get Lucky –, délicat, relaxant, et bien qu’il soit le plus discret, selon moi l’un des meilleurs de l’album. 16/20
  11. Fragments of Time : Retour en été sur cette fameuse côte ouest que les Daft Punk voulaient évoquer – comme l’explique Todd Edwards dans cette vidéo – notamment grâce à la steel guitar. Fragments of Time est entre le funk, la soul, le rock des Eagles, et la musique purement électronique, avec le micro-sampling. Il fallait bien rendre hommage à cette technique d’abord utilisée par Todd Edwards et Akufen dans les années 90, puis popularisée par un certain Face to Face de Daft Punk (feat. Todd Edwards, déjà), et aujourd’hui très en vue dans l’électro (notamment dans le complextro, nouveau genre incarné aujourd’hui par Skrillex, Madeon ou SebastiAn). Pour ceux qui ne voient toujours pas ce que c’est, elle consiste à rythmer un morceau par différents sons courtement découpés. Bref, Fragments of Time est complètement maîtrisé, presque trop. Il laisse une étrange impression de fadeur. 13/20
  12. Doin’ It Right : Un vocoder répétant la même chose pendant quatre minutes, une boîte à rythme, un gars qui chante, trois notes de synthétiseur. Minimaliste et répétitif, sur le papier, Doin’ It Right ressemble à une sacrée merde. Erreur. Un charme mystérieux fait qu’on ne s’ennuie jamais vraiment. Le savoir-faire, probablement. 13/20
  13. Contact : Il paraît que beaucoup de gens aiment beaucoup cette bande-son pour mise à feu de fusée. C’est quand même franchement interminable sur la fin. 11/20
Moyenne : 12,3

Vous avez mon avis, vous pouvez donner le vôtre ici :

Critique de Glow de Jackson & His Computerband

Eh ben mes aïeux, sacrée année !

Dans peu longtemps, on va tous perdre un morceau de vie en jouant à GTA 5 (l'occasion pour que tous ceux dont la vie ne satisfait pas (c'est-à-dire à peu près tout le monde) de massacrer ses concitoyens virtuels avant de se jeter d'un avion en signe de rebellion contre leur dépression latente).

Et pour les gosses dont les parents les interdisent d'acheter des jeux interdits aux moins de 18 ans (c'est-à-dire aucun), il y a Pokémon X et Y qui viennent juste après. Remarque, j'ai l'impression que plus aucun gamin ne joue à Pokémon, et que les principaux acheteurs sont des jeunes adultes attardés comme moi.

Et c'est pas tout. En 2013, plusieurs musiciens majeurs (v)ont sorti(r) un album.

Il y a eu - entre autres :
  • Kavinsky (bof)
  • The Strokes (bof)
  • Tyler, the Creator (bof)
  • James Blake (bof)
  • Vampire Weekend (bof)
  • Queens of the Stone Age (ah !)
  • Daft Punk (aha !)
  • Jackson and His Computerband (ahaha !)
  • et bientôt MGMT (ahahaha !)
  • et Lady Gaga (ahahahahaeuuuhhhhaaaarhgh...)

Aujourd'hui, je vais commenter deux albums :
  • Random Access Memories des Daft Punk
  • Glow de Jackson & His Computerband

D'abord Glow.

Lecteur : Attends, c'est qui déjà Jackson & His Computerband ?
Superphilie : Tu devrais lire cet article si tu veux la réponse à cette question.


C'est un album éclectique. La constante, c'est une sorte de goût pour les groupes de voix chuchotantes et de sons mystérieux qui hantent la plupart des morceaux, comme des rituels invoquant une musique d'un autre monde.

On traverse l'album dans une ambiance sombre, profonde, presque maléfique, créée par des accords adéquats parfois dissonants, des basses lourdes et des notes hypnotiques et obsédantes.

Pour comparer rapidement avec Smash, le précédent album de Jackson, Glow part un peu moins en couille, est moins fougueux, moins disparate, et de ce fait il semble moins riche et, selon moi, tout simplement moins bon que son grand frère. C'est dit.
  1. Blow : L'album s'ouvre sur des arpèges très britpop (Beatles, Oasis, Blur, etc.) joués sur une guitare à la distorsion très grunge (Nirvana, Soundgarden, Pearl Jam, etc.), accompagnés d'une drôle de voix profonde rappelant certains morceaux d'Aphex Twin. Puis arrivent des choeurs très Beach Boys, et le drop, qui est assez nul. Dans une sorte de rythme très pop rock, les voix chantent drop the queen, let, let, let it go ou je sais pas quoi. Je sais pas ce qu’ils ont foutu avec le son, est-ce trop compressé, trop saturé (vocabulaire de DJ) ? mais déjà le beat est tout de même un peu pourlingue si je puis me permettre, on le distingue quasi pas. C’est sûrement fait exprès, mais je trouve ça dommage. L’outro a des airs de Radiohead. Avec un son moins zarb, ce serait un morceau super sympa. 10/20
  2. Seal : Morceau intense, avec un sens du rythme et de la structure dingue, un gros beat hip-hop et une grosse basse qui renvoie 50 Cents chez maman, des synthétiseurs qui grattouillent, une mélodie sortie d’un PC dont l’unité centrale est inondée de Coca, du micro-sampling, c’est franchement balèze cette saleté. 17/20
  3. Dead Living Things : La meuf de Planningtorock avec sa voix géniale qui fleure les années 90 période MTV Beavis et Butt-head, pose sa voix sur un rythme lent et des synthétiseurs très saturés en guise de guitares (à nouveau, on pense à de la bonne grosse grunge). Je comprends rien à ce qu’elle dit, mais j’aimerais bien savoir ce que c’est, ces choses mortes qui vivent. 14/20
  4. G.I. Jane (Fill Me Up) : Cet été devait sortir un EP qui devait contenir ce morceau et Vista en face B, avec un remix de Hudson Mohawke. On sait pas où il est passé. C’est peut-être une idée pas con de ne pas l’avoir sorti, parce que ce n’est certainement pas la track la plus abordable. Sont-ce les fautes du mixage et du mastering si ce truc est à la limite de l’audible ? Dès le début, on a l’impression qu’il manque la moitié des fréquence sur les synthétiseurs, et après revient cette espèce de beat aspiré qui nous avait fait chier dans Blow, et cette impression qu’un mec décoiffé qui rigole avec une voix aigüe et un oeil mi-clos s’est introduit dans le studio et a saccagé les réglages des compresseurs. Il faut plisser l’oreille pour percevoir le morceau de rock dynamique très sympa dissimulé derrière ce brouillard de sons, et c’est chiant. 11/20
  5. Orgysteria : Ça sent Pink Floyd, avec cette batterie lente très rock progressif. C’est sympathique jusqu’à environ 3 ou 4 minutes. Après à tour de rôle viennent et reviennent une sorte de piano et un synthétiseur rappelant respectivement certaines chansons de Muse et Air, c’est un peu laborieux et longuet. 12/20
  6. Blood Bust : C’est personnel, mais je m'emmerde avec ce genre de morceau. On dirait le récent remix de Xavier de Rosnay pour Busy P. Une sorte de mélodie dissonante sur un rythme très rapide pendant 5 minutes avec très peu de variation. Sûrement un hommage aux rave parties… 6/20
  7. Memory : Est-ce un hasard si en rajoutant trois lettres, Memory devient Metronomy ? En tout cas les voix ressemblent. C’est un morceau simple et propre, qui ressemble là encore à de la britpop, mais avec des accords rappelant un peu Danny Elfman (compositeur récurrent de Tim Burton). La fille parle de son Alzheimer, de ses ébats sexuels avec son copain et de son dernier paquet de chips. Une conne, quoi. Mais elle chante bien. 13/20
  8. Arp #1 : Morceau très classique qui pourrait passer en boîte (et qui va d'ailleurs figurer dans une radio de GTA 5). Il y a un rythme simple (surmonté des fameuses caisses claires de fanfare que Jackson aime caler ici et là), une basse efficace, un pont au milieu, et un climax à la fin. Ça fait du bien d’être en terrain conquis, d’autant que ce cadre permet à Jackson d’exprimer son talent et son ambiance dans un univers observable par tous, et montrer qu’il sait faire des morceaux efficaces. 16/20
  9. Pump : Playlisté régulièrement par Justice dans leurs DJ sets, celui-ci est également très classique, sur les mêmes rythme et structure qu’Arp #1. Il claque cependant un peu moins. En revanche, l’ambiance dark est délectable. À un moment, on a l’impression d’être en train de se cacher dans une ruelle sombre, seul, par une nuit profonde, alors qu’on est poursuivi par je ne sais quel esprit démoniaque. Ou alors le mec décoiffé qui a modifié les réglages de G.I. Jane. 15/20
  10. More : J’y vais encore de ma petite interprétation, mais là je me suis senti dans un film d’épouvante paranormal sur un marché de Londres (avec un mendiant en train de jouer de l’orgue), un soir de la fin du XIXème siècle. C’est pour compenser le fait que le morceau est un peu répétitif et pas révolutionnaire. 11/20
  11. Vista est la parenthèse lumineuse qui fait du bien après tous ces morceaux anxiogènes. Synthétiseurs des années 80, rythme punchy, accords sucrés, voix tendres, petits sons évoquant des vols de fées (à 2:18), basse dubstep (oui, rien à voir), un ciel étoilé musical rien que pour nous. Bémol personnel, à 3:00, on s’attend à un drop plus à la hauteur du début flamboyant, et ça tire un peu en longueur à partir de 3:46… 16/20
  12. Billy : L’outro rigolote avec plein de samples tout partout sur le rythme fanfare susmentionné et quelques notes récurrentes. Ça rappelle un peu Teen Beat Ocean dans l’idée, mais c’est beaucoup moins impressionnant… (Détail rigolo, je suis loin d'être certain, mais j'ai l'impression qu'on entend un sample de Billy dans Seal vers 2 minutes 20.) 12/20
Moyenne : 12,75

(Critique du Daft Punk ici.)

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lundi 25 février 2013

Critique de OutRun de Kavinsky

Et là vous vous dites : "non mais oh, c'est devenu un blog musical de PD parisien fils à papa dix-septenaire qui sort au Social ? tu files un mauvais côton là Superphilie".
Donc déjà on se calme NON Superphilie n'a pas viré blog musical, c'est juste que c'est un peu la reprise donc je commence cool avec des petites critiques pas bien compliquées avant de repartir dans les délires sociologiques orduriers.

KΔVINϟKY alias Vincent Belorgey. Jetons un oeil sur son Wiki, me voilà borgne LOL : l'individu joua dans Nonfilm et Steak, respectivement film bien et film pourritos mais vaguement rigolo et culte, tous deux de Quentin Dupieux, ainsi que dans des clips dudit misanthro-barbu : O'Malheur (celui-ci est marrant), Analog Worms Attack et Stunt.

Vers 2006, le mec bidouillait un TR-909 et il avait deux-trois potes d'Ed Banger dans les parages qui sont venus se foutre de sa gueule. "Hé vazi on le sort en EP ! Vazi on la sort ta merde ! Appelle Pedro vazi y va te tir-sor ça chez Dunckel et Godin !" S'ensuivit une épique partie de paintball. Je rigole, je sais pas comment ça s'est passé mais toujours est-il qu'il a sorti quatre EP, la plupart sur Records Makers :


J'ai écouté Nightcall à sa sortie en 2010, avant que la chanson éponyme ne devienne un tube galactique. Trouvé ça assez mou, la version dynamisée de Xavier de Rosnay sous le pseudo Dustin N'Guyen passait mieux, mais rien d'extraordinaire. Et puis un jour le réal' danois Nicolas Winding Refn sortait des toilettes où il avait posé deux bouses baptisées Bronson et Valalhahalayoutouchmytralala Rising, et y a un mec d'Hollywood qui est venu il a dit :

"BONJOUR MADAME, voulez-vous réaliser un scénario tout à fait pourri en échange d'argent en pagaille ?"

L'homme danois répondit : "Certainement en plus ça tombe bien j'ai une zik dans mon iPod que je veux caser quelque part vazi on le fait mec."

Passons sur le film Drive, retenons juste que le film fut un succès public et donna un sens cinématographique à la lenteur de Nightcall. Cocktail gagnant, la chanson se démocratisa massivement, propulsant un Belorgey hébété dans les cieux de la popularité. "C'EST L'HEURE" lancèrent les producteurs, "l'heure de quoi" demanda-t-il. "L'heure de sortir ton album, et ainsi, THUNE".

J'ai oublié de vous dire que Belorgey avait développé depuis le début une espèce d'univers visuel autour du projet Kavinsky. Le personnage serait devenu une espèce de robot-zombie relié à sa Ferrari Testarossa à la suite d'un accident de voiture en 1986. Le tout dans une ambiance pop 80's, blouson Teddy, Los Angeles, grilles laser à la Tron, et le film Terminator, évoqué par l'apparence de Kavinsky, auquel lui ou le graphiste qu'il a embauché ont récupéré la charte colorimétrique rouge, noire et bleue.


Après avoir galéré sur After Effects pour pondre ce truc qui raconte la naissance post-mortem du personnage, avec une petite référence à Christine de John Carpenter :


... et sa suite, mieux fichue, pourvue de véritable animation :


... Kavinsky a enfin accès à un peu plus de budget et tourne ceci accompagné d'un premier inédit de l'album :


Kavinsky avait espéré pouvoir développer une sorte d'animé manga/comics des années 80 multimédia, le voilà capable se payer une identité visuelle de facture cinématographique. D'où les bandes noires de la pochette de son premier album :


Mais au fait Jamy, il est bien cet album ?
  1. Prelude. Comme on s'y attendait, c'est parti pour un délire cinéma avec la voix ricaine cassée d'un des producteurs de Belorgey contant la naissance du personnage de Kavinsky comme dans un générique de série TV des années 80. Dans cette introduction un peu anecdotique à la Giorgio Moroder, les arpèges électroniques rappellent la B.-O. de l'Histoire sans fin, tandis que les voix synthétiques ressemblent à celles du thème de Scarface. 10/20.
  2. Blizzard. Mais qu'est-ce que ce morceau fait sur la deuxième piste de l'album ? Au lieu de mettre une track majeure comme First Blood ou ProtoVision, quelqu'un a étrangement choisi ce Blizzard, qui aurait plutôt sa place en face B d'un single ou à la limite vers la fin de l'album. Fade entrée en matière, le morceau n'est constitué que d'une boucle de sample de la soundtrack de la série San Ku Kai, répétée pendant plus de trois minutes, avec deux ponts et deux-trois notes de synthé en guise de variation. 5/20.
  3. ProtoVision. Ce premier single de l'album avait un peu déçu le grand public à cause de l'absence de voix, la structure harmonique changeante et l'arrangement très saturé, le rendant un peu plus exigeant que Nightcall. Il est vrai que ce morceau, assez bon, avec sa guitare lead rétro dont certaines notes du riff suggèrent le thème de Terminator, n'a pas du tout un potentiel de tube de radio, mais est plutôt fait pour introduire un album comme celui-ci. 13/20.
  4. Odd Look. Deuxième single prévu, on reste sur les influences moroderiennes avec des arpèges au synthé et la même basse très saturée que ProtoVision, cuisinée manifestement par SebastiAn, qui a produit et mixé l'album. Ce dernier a également fait appel à la même voix que sur son propre single Embody, et l'a d'ailleurs mixée avec les mêmes filtres. En fait, la patte de SebastiAn est presque envahissante. Arrivent les violons typiques de son style et on se dit : "mais c'est le deuxième album de SebastiAn en fait ?" (j'ai fait la critique du premier ici). Dommage que l'écueil régulier de SebastiAn : la répétition, fasse ici des siennes. 11/20.
  5. Rampage est à peu près sur le même mode que Blizzard. Un sample de la soundtrack de Dragon Ball Z au centre, soutenu par des violons et une basse à la texture mécanique là aussi typiquement sebastiAnesques et deux notes de synthétiseurs constantes en bourdon. Même pas conçu comme une montée en puissance, je me suis demandé où allait le morceau, et ennuyé au bout d'une minute. Kavinsky tablait peut-être sur le charme nostalgique du sample, mais pour ma part c'est raté. 5/20.
  6. Suburbia. Ah ! Un peu de voix. De fait, le problème de répétition jusqu'ici observé, est un peu réglé par le fait qu'on ait affaire à un rap, genre habitué aux instrus basées sur des boucles, la variation étant amenée par le texte, structuré parfois par un refrain, comme en l'occurrence. Il faut aimer le rap, mais c'est une chanson honorable. 11/20.
  7. Testarossa Autodrive. Vous le reconnaissez ? D'abord sorti en 2006 sur le premier EP de Kavinsky, Testarossa Autodrive a eu droit à un petit lifting au niveau du mixage, mais rien n'a changé. Mettons-nous à la place de ceux qui ne connaissent de Kavinsky que Nightcall. C'est plutôt le versant revival musique de jeu de bagnole d'arcade du zigoto qui s'exprime. En 2006, il semblait un peu plus inspiré en ce qui concerne la structure harmonique, ici beaucoup plus recherchée, même si ça manque beaucoup de respiration : le synthé en continu est un peu assommant, et il n'y a pas de pont. Mais ça a un peu de charme. 10/20.
  8. Nightcall. Produite par le Daft Punk Guy-Manuel de Homem-Christo, avec le secours de Sébastien Tellier aux choeurs et SebastiAn au mixage. Avant de m'y habituer, elle me semblait un peu trop lente et je n'accrochais pas au vocoder dégueulasse du couplet. Comme je l'ai dit plus haut, l'edit de Xavier de Rosnay, plus punchy et affublé d'un petit solo de guitare bien senti, était bien meilleur, et aurait peut-être dû être la version originale. Mais après ce début cafouilleux de OutRun, Nightcall et sa saine simplicité de chanson en couplet-refrain est assez décrispante. 14/20.
  9. Deadcruiser. Autre morceau recyclé, Kavinsky avait mis un peu de son 8-bit, toujours pour le côté vieille borne d'arcade. Malgré une petite mélodie sympathique, c'est un peu mou et foutraque, et on se demande pourquoi ce titre a été retenu pour l'album et pas d'autres avec plus de caractère comme Wayfarer. Ça passait bien avec le clip, mais c'est assez faiblard à l'écoute seule. 9/20.
  10. Grand Canyon. Encore du recyclage. Pour ceux qui ont lu mon article concernant le sampling, vous saurez tout de suite ce que je pense de ce morceau quand je vous aurait dit qu'il sample Ikeya Seki (vers 2:30) de ce très sympathique groupe de disco qu'est Kano. Répéter un loop pendant plus de trois minutes avec quelques fioritures dessus, et mettre ça sur la piste d'un album, après l'avoir déjà fait sur un EP, franchement... 6/20.
  11. First Blood. Nouvelle chanson à l'arrangement très sebastiAnesque. On dirait le mec de Starsailor qui chante. Retour de la guitare soft rock 80's. Dommage que la structure soit toujours aussi redondante, on était à deux doigts d'une chanson très sympa. 11/20.
  12. Roadgame. Une mesure de cinq accords répétée quelques fois, un pont, puis retour de la mesure, alors que l'arrangement, très violoneux, varie légèrement au fil des un peu moins de quatre minutes. Morceau très simple, mais très propre. 12/20.
  13. Endless clôt l'album un peu comme Prelude l'avait ouvert. Cette fois, c'est plutôt à John Carpenter que l'on pense, par exemple son thème de New York 1997. Mais la science du gimmick est moins présente... 10/20.
Verdict :

À vouloir imiter les bandes-originales de films, séries et jeux des années 80, Kavinsky a oublié que les bandes-originales sont épurées parce qu'elles sont faites pour accompagner une narration, et pas d'abord pour les écouter comme des musiques lambda. Cette erreur d'appréciation rend l'album très limité musicalement, répétitif et attendu. C'est la même batterie house tout du long : kick sur le premier temps, hihats sur le contretemps, snare sur le deuxième temps, et ainsi de suite. Les thèmes, qui n'ont pas été conçu par un compositeur de la trempe d'un Moroder, s'usent au bout d'une minute. Et Kavinsky ne peut même pas compter sur la variété de ses instruments, puisqu'elle n'existe pas.

On s'attend également à un album concept lié à l'univers visuel kavinskyesque avec cette musique introductive à voix-off, mais rien de tel finalement dans la suite si ce n'est le morceau outro de l'album et deux références à l'histoire de Kavinsky dans les titres des pistes : Blizzard (météo pendant laquelle l'accident de Kavinsky a eu lieu) et Deadcruiser (je sais pas ce que c'est mais le mec en parle dans Endless). Les autres noms étant des références aux jeux Rampage et OutRun et au film First Blood (Rambo en version française).

Manque de motivation ? Manque d'ambition ? Manque de solfège ? Manque de temps ? Manque de talent ? Mystère. En tout cas, l'album fade de Kavinsky me semble être une déception à tous les niveaux. 9/20.